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Changer l’assurance de son prêt désormais possible à tout moment

Dès le 1 er janvier 2018 les emprunteurs pourront changer l’assurance de leur prêt immobilier chaque année. Une perte financière qui pourrait être conséquente pour les établissements bancaires.

Coût du crédit en baisse

Depuis 2014, la loi Hamon autorise le changement de l’assurance emprunteur de la banque au profit d’une autre durant un an seulement à compter de la date de signature de l’offre de prêt. A partir du 1er janvier 2018, l’amendement Bourquin donnera à tous les emprunteurs la possibilité de substituer leur assurance de prêt au profit d’une autre à tout moment.
Après avoir renégocié leur taux, les emprunteurs pourront désormais renégocier leur assurance de prêt qui constitue parfois un coût très élevé dans un emprunt. Cette loi devrait permettre de réduire de 20% le coût moyen des contrats d’assurance. Les taux de crédits repartis légèrement à la hausse depuis décembre, la négociation du taux d’assurance s’avère un nouveau levier pour réduire le poids des échéances de remboursement.

Un coup dur pour les banques !

Cette loi, d’abord censurée par le conseil constitutionnel, a finalement abouti il y a quelques mois ; une bonne nouvelle pour les consommateurs et un coup dur pour les banques qui voient une fois de plus leurs marges et leur produit net bancaire diminuer.
Les assurances groupes constituent en effet une manne financière pour les banques. Le sénateur Bourquin estime que « sur 100 euros de prime d’assurance versées par le consommateur, 50 en moyenne constitue des commissions et ne rémunère pas le risque ».
Cette mise en concurrence pourrait donc coûter très cher aux établissements financiers. Leur stock de crédit sera concerné dès début 2018.
Le sénateur Bourquin estime à 8 millions le nombre d’emprunteurs qui pourrait bénéficier de cette réforme.

La concurrence s’organise

Selon le cabinet Mc Kinsey, sur 5 ou 6 Milliard d’euros de primes d’assurance que possèdent les banques, entre 600 millions et près de 1.5 Milliard devrait changer de main grâce à la nouvelle réforme.
On comprend alors l’empressement des assureurs qui ont sorti de nouvelles offres comme Allianz qui propose une offre 100% digitale et promet une économie substantielle.
Au côté d’acteurs traditionnels, on retrouve les fintechs telle que Zen up qui est spécialisé en assurance emprunteur et qui garantit une économie de 30 à 40 % par rapport à une assurance groupe.
Il y a fort à parier que les courtiers profiteront également de cette nouvelle loi pour rappeler leurs clients et leur proposer de changer d’assurance emprunteur.

La riposte des banques

Les banques, voyant les pertes qu’elles peuvent subir, mettent sur pied des assurances groupes basées sur le capital restant dû et non plus sur le capital emprunté, ce qui les rend plus attractives.
De même, pour les meilleurs dossiers, certaines ont mis en place des partenariats avec divers assureurs permettant de proposer un tarif personnalisé et compétitif. Cette nouvelle organisation permet aux établissements bancaires de fidéliser leurs clients et de toucher une commission même si elle est plus modeste que pour une assurance groupe.

De son côté, l’autorité de contrôle prudentiel (ACPR), souhaite s’assurer que les banques respectent cette réforme.
Martial Bourquin prévient que « si la concurrence n’est pas rétablie dans un délai de trois à quatre ans, les banques pourraient ne plus vendre le crédit immobilier et l’assurance qui va avec ».

 

Auteur : Amandine Checconi

 

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