valise-aeroport

Pourvu qu’il y ait ma valise !

Comment est planifié le chargement des bagages dans un aéroport ?

Retrouver sa valise à l’arrivée paraît (dans la majorité des cas) couler de source pour un passager… Mais comment cela se passe-t-il concrètement ? Le chargement des bagages est une activité essentielle du handling piste. Effectuée en zone sécurisée, elle ne demande pas de formation particulière des agents, mais exige une organisation et une planification rigoureuses.

Souvent, les salariés nouvellement embauchés sur la piste apprennent les métiers de l’aéroport en étant affectés à ce poste. Dans la planification de cette activité, il faut tenir compte de la pénibilité du travail et des différences d’organisations selon les entreprises. Certaines grandes compagnies ont automatisé l’acheminement des bagages, d’autres non.

Définir la charge de travail sur une journée

La difficulté est de déterminer la charge de travail nécessaire pour traiter les différents vols. Par exemple, les compagnies Low Cost, qui facturent en supplément les bagages en soute, en transportent peu. Elles vont donc solliciter moins de personnel pour le chargement et le déchargement par rapport aux vols long-courrier autorisant jusqu’à trente kilos de bagages en soute par passager. Par exemple, les vols à destination des Antilles vont nécessiter plus de personnel pour ces tâches, car ils sont réalisés sur de gros appareils (type B747, B777, A340, A380…).
Il faut donc arriver à prévoir le chargement des bagages en fonction des compagnies, des types d’avions, de la période et de la destination, pour modéliser cette activité, sous forme de courbes de charge. Ces courbes représentent le nombre de personnes nécessaires par tranche horaire, et doivent être distribuées au personnel compétent. Ces informations peuvent également être fournis par les compagnies et faire l’objet d’une disposition contractuelle.

D’autres contraintes doivent également être prises en compte pour réaliser une bonne planification des bagagistes :

*  le temps d’habillage ou de prise de poste en début et fin de vacation. Les bagagistes doivent avoir une tenue adaptée pour travailler en toute sécurité (chaussures, casques, gilets,..).
*  le temps de passage aux points d’inspection filtrage. Les bagagistes travaillent en zone sécurisée, ils doivent passer par les points d’inspection filtrage pour atteindre leur poste.

Ces temps, non négligeables, doivent être comptabilisés dans leur temps de travail quotidien. 
Pour proposer une planification optimale, il faut être en mesure d’intégrer toutes ces contraintes afin de déterminer le nombre de personnes nécessaires pour couvrir la charge de travail définie.

L’élaboration du planning

Les courbes de charge doivent ensuite être découpées en différentes tâches unitaires pour être affectées aux personnes compétentes. Ce découpage va permettre de définir l’activité de chaque 
membre du personnel. C’est là qu’entrent en jeu les règles du temps de travail et les contraintes individuelles des agents.

L’erreur la plus courante, faite lors de l’élaboration des plannings, est d’associer une tâche à une personne de façon nominative car cela restreint le champ des possibles. Il faut plutôt considérer l’activité en « masse » et la distribuer aux agents compétents et disponibles de manière aléatoire.
Un planificateur aguerrit, qui connait bien son métier, est capable de réaliser manuellement un planning. Par contre, plus l’activité est importante et plus le nombre d’agents est important, plus il est difficile de trouver une solution manuelle optimale. Le planning devient alors impossible à faire sans outrepasser des règles contractuelles et au détriment de l’équité et de la pénibilité. Il est donc intéressant dans ce cas-là, de se doter d’outils mathématiques, qui peuvent prendre en charge automatiquement ces affectations. En effet, un outil pourra tester un grand nombre de solutions et les scorer afin de proposer la solution optimale respectant l’ensemble des contraintes.
En planification, il est primordial de bien séparer le travail à réaliser d’un côté, les agents, leurs compétences, leurs contraintes et leurs disponibilités de l’autre. Après avoir bien défini et distribué l’activité (manuellement ou à l’aide d’un outil), le planificateur pourra alors ajuster les plannings pour s’occuper des cas particuliers (désidératas, aléas…).

Auteurs :

mm
Claudine Antonini
mm
Raoul Tagliarini

Articles similaires